Hopstreet Gallery, Bruxelles

05/05/2024

  • Quand ça affleure à la surface
    Commissariat : Dominique De Beir
    Hopstreet Gallery, Bruxelles, Belgique
    Du 5 mai au 29 juin 2024
Quand ça affleure à la surface - une proposition de Dominique De Beir Cathryn Boch, Pierrette Bloch, Dominique De Beir, Isabelle Ferreira, Hessie, Maëlle Labussière, Patrice Pantin.

Marie-Paule Grusenmeyer, directrice de Hopstreet Gallery à Bruxelles, me laisse champ libre pour donner forme à une exposition dans la galerie en mai prochain. Il est vrai que ponctuellement, en plus d’être peintre mais aussi bricoleuse, chirurgienne, jardinière, dentellière, j’aime à me transformer en commissaire d’exposition. Cela engage à chaque fois une mise au point sur ce qui retient aujourd’hui mon attention. Un exercice à la fois sensible et intellectuel qui n’est jamais simple. « Quand ça affleure à la surface » se construit à partir d’un parti pris : réunir des œuvres qui prolongent et enrichissent mon univers sans me poser la question de ce qui lie ces choix entre eux si ce n'est évidemment mon regard posé dessus par le filtre de mon propre travail. Ce qui m'intéresse, ce sont les coïncidences créées à partir des œuvres et les incidences qu'elles peuvent fédérer. Le titre de l’exposition, « Quand ça affleure à la surface », est un extrait du polar Moisson rouge de Dashiell Hammett. Il semble plutôt bien appréhender la situation : « ….Les plans parfois, ça fonctionne. Et parfois, il suffit juste de remuer la fange...si on est assez coriace pour survivre, et si on est assez attentif pour repérer ce qu'on cherche quand ça affleure à la surface... » Depuis plus de 30 années, j’explore la surface des choses en usant de la percée, de la trouée, parfois jusqu’à la limite de la résistance du matériau. Le geste essaie de débusquer l’épaisseur afin de refuser son opacité. Trouer pour crever les apparences et faire chanceler les images. C’est souvent à coups de maltraitance que la surface se dissout et acquiert toute sa vitalité : Il faut de l’émergence et du substrat. J!aime les boursouflures, les encombrements et les taches, les œuvres qui vibrent et que l!on regarde de très très prés. Laisser advenir les choses dans les aléas du faire et du geste reste un fondamental. Pour l’exposition « Quand ça affleure à la surface », je présente des plans de polystyrène, de carton alvéolé, de papier ciré, travaillés dans le vif de la matière. Cathryn Boch met elle aussi le réceptacle aux abois, un monde en souffrance bâti de sutures, de cicatrices et de réparations. Pierrette Bloch, davantage silencieuse n!en est pas moins incisive, elle gorge de points d!encre le papier qui se rétracte et se crispe. Isabelle Ferreira frappe, arrache, déplace avec précision, rendant autre le matériau. Hessie colle ensemble sans à priori des surfaces papier de récupération. Maëlle Labussière dans un geste subjectile traverse les supports avec une encre rouge qui imprègne les strates de feuilles. Patrice Pantin aime à nous bercer d!illusions, la peau de peinture est déposée tout au bord de la surface.